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Les vieux métiers

Au début du XXème siècle, notre région connaît de nombreux métiers aujourd’hui disparus ou dont la pratique a évolué de manière très significative.
A Gedinne, de nombreuses professions étaient liées au travail du bois.

Hutte de bûcherons
(Collection Luc Jadot Jr) Hutte de bûcherons

"Les bûcherons se mettaient deux, trois ensemble, parfois cinq ou six, et des fois plus, ce qui fallait pour faire une coupe.
Quand ils partaient pour la première fois, c’était d’habitude un lundi vers la Toussaint ou bien la Saint Martin, ils emportaient leurs outils : des haches, des hachettes, des serpes, des scies, des grandes scies, des passe-partout, des limes, des tourne-à-gauche, des merlins, des coins en fer, de gros coins en bois, des tarières. Ils emportaient leurs vivres pour la semaine dans un gros sac de toile grise à leur dos. Chaque bûcheron portait son sac. Il avait des pommes de terre, une miche de pain, une livre de beurre, une bonne tranche de lard - les pauvres gens n’en avaient point -, du sel et des oignons. Ils emportaient aussi une marmite, une écuelle, une cuiller pour chaque homme, et puis un petit baril de dix, douze litres pour aller chercher de l’eau pour tout le chantier. Ils étaient chargés comme des mulets ; quand il fallait aller loin, parfois ils prenaient un chariot. [...]
On faisait tout de suite la baraque. Le commis marquait les arbres qu’il fallait. Pour commencer, les bûcherons coupaient trois arbres assez gros. C’était le plus souvent du bouleau ou bien du tremble, du bois qui ne se vendait pas cher. Un des trois arbres devait être fourchu par le haut. Les bûcherons dressaient les trois arbres qui se tenaient dans la fourche par le haut. Ils les écartaient par le bas, selon qu’ils voulaient faire la baraque petite ou grosse, qu’ils étayaient par le haut contre les premiers de façon à former une place ronde à l’intérieur. Entre deux arbres, ils laissaient de la place pour passer un homme, ça faisait la porte. La porte servait aussi de fenêtre et de cheminée. Ils mettaient par le dessus des arbres de petites branches de sapin, des "fossies" (arbres de la grosseur d’une baguette), des feuilles, de la mousse ou bien de l’herbe. Et puis ils faisaient un fossé tout autour de la baraque et ils jetaient la terre sur la baraque par le bas. Ça lui tenait chaud (ça l’isolait). Ils faisaient un coin de la baraque un peu plus haut que le reste avec des pierres. C’était la place pour faire le feu, c’était l’âtre. "
Texte : lo wolêge è Nindréhô / le flottage du bois à Niederhoff ; textes patois recueillis en Lorraine par L. Zéliqzon et G. Thiriot ; 1912
Texte complet : http://patoisantlorrain.skyrock.com/2004562229-le-boreque-des-boqu-yons-la-hutte-des-bucherons.html




Les sabotiers
(Collection Luc Jadot Jr) Les sabotiers


Sabotiers dans le village
(Collection Luc Jadot Jr) Sabotiers dans le village


Fontaine au coeur du village
(Collection Luc Jadot Jr) Fontaine au coeur du village