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Un assassinat qui fait 18 millions de morts ?

On résume souvent les causes de la Première Guerre à l’assassinat d’un archiduc... la réalité est beaucoup plus complexe.

Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois et son épouse sont assassinés à Sarajevo par un étudiant serbe de Bosnie. Cet événement est effectivement l’élément déclencheur de la première guerre mondiale mais cela faisait déjà longtemps que l’Europe était assise sur une poudrière...

Les grands acteurs du drame

Au début du XXème siècle, l’Europe est un continent profondément divisé. Quatre grandes puissances se disputent le leadership.

La Grande-Bretagne est la grande puissance par excellence, l’équivalent des Etats-Unis actuels. Elle possède un immense empire colonial et est la reine incontestée des mers.

L’Allemagne, jeune nation européenne puisqu’elle est née en 1870, est la puissance industrielle et technologique au début des années 1900...

La France a connu un XIXème siècle difficile mais au tournant du siècle, elle semble renaître et son empire colonial lui confère un poids indéniable sur la scène internationale.

La Russie possède un immense territoire et beaucoup de matières premières mais est encore un peu à la traîne au niveau industriel. Elle est dépendante des capitaux français pour se développer.

A côté des quatre grands, il y a deux empires, plutôt en déclin. L’Empire austro-hongrois qui connaît pas mal de difficultés politiques avec ses minorités et l’Empire ottoman, la Turquie donc, en pleine déroute à la fois politique, économique et militaire.

Le déclin de l’Empire ottoman a de graves répercussions dans les Balkans. Jusque là, les Turcs maintenaient tous ces peuples sous une chape de plomb. Les Turcs partis, les nationalismes se réveillent. A partir de 1912, ces régions connaissent un état de guerre perpétuel.

Ajoutons donc un nouvel acteur au drame qui se prépare : la Serbie.
La Serbie a un rêve : créer une grande Serbie qui regrouperait tous les Slaves du sud, dont les Bosniaques. Or la Bosnie est depuis 1878 sous domination austro-hongroise et ça, la Serbie a vraiment beaucoup de mal à l’accepter. Elle fait tout pour créer de l’agitation chez son voisin et s’appuie pour cela sur les Serbes de Bosnie.

Les Balkans en 1914 (source : http://education.francetv.fr/dossie...

Un coup de feu et tout bascule

Et c’est dans ce contexte que se joue le drame qui va tout déclencher. Le 28 juin 1914, un étudiant serbe de Bosnie, Gavrilo Princip, abat l’héritier de l’empire austro-hongrois, François Ferdinand et son épouse, Sophie Chotek de Chotkowa et Wognin. Le double assassinat a lieu à Sarajevo, la capitale de la Bosnie.

L’Archiduc François-Ferdinand (source : Wikipédia)

A partir de là, les choses s’enchaînent très vite et aucun État européen n’essaiera d’arrêter la machine infernale qui entraînera le monde entier dans la guerre. Suite à l’assassinat de l’héritier du trône, l’empire austro-hongrois lance un ultimatum à la Serbie. Celle-ci en accepte tous les termes sauf un, celui qui autoriserait les fonctionnaires austro-hongrois à enquêter sur le sol serbe. Refuser un point, c’est refuser l’entièreté de l’ultimatum. L’Autriche-Hongrie est en guerre contre la Serbie. Et le jeu des alliance fait le reste.

La Russie vole au secours de la Serbie et l’Allemagne de l’Empire austro-hongrois. La France, de son côté, soutient son allié russe. Seule la Grande-Bretagne ne se positionne pas clairement.

Et la Belgique ?

Voilà le décor planté et les grands acteurs présentés. Dans cette pièce là, la Belgique ne devait jouer aucun rôle. Depuis son indépendance en 1830, la Belgique est et doit rester un Etat neutre. Ce qui la propulse sur le devant de la scène, c’est sa position géographique. L’Allemagne avait prévu depuis le début du XX ème siècle toute une série de plans militaires qui envisageaient différents types de conflit. Dans le cas d’une guerre simultanée contre la France et la Russie, c’est le plan Schlieffen qui devait être appliqué. Il prévoyait une victoire rapide en France pour attaquer ensuite la Russie qui vu, son territoire, mettrait plus de temps à mobiliser.

Or pour attaquer rapidement la France, il n’y a qu’une solution : passer par la Belgique. La frontière franco-allemande est trop étroite et trop bien défendue pour que l’Allemagne puisse y déployer toute son armée. Elle choisit donc d’attaquer plus au nord pour ensuite se rabattre sur la France.

Plan Schlieffen (source : Wikipédia)

Le plan est mis en en œuvre en août 14. Le 2 août, l’Allemagne lance un ultimatum à la Belgique, elle demande le libre passage pour ses troupes. La Belgique refuse et le 4, les armées allemandes pénètrent sur le territoire belge. Cette invasion fera définitivement basculé la Grande-Bretagne du côté des alliés.

Céline Sérusiaux